Le diagnostic de l’adénofibrome (ou fibroadénome) du sein

Comment repère-t-on un adénofibrome ?

De nombreuses femmes n’ont tout d’abord pas de symptômes et découvrent par hasard ou lors d’une autopalpation la présence d’un nodule ou d’une boule dans leur sein. Parfois, l’adénofibrome est découvert lors d’un examen de routine par le gynécologue ou à l’occasion d’un examen d’imagerie telle qu’une échographie ou une mammographie (voir qu’est-ce qu’un adénofibrome).

Il est rare qu’un adénofibrome soit associé à des douleurs : même si l’on appuie sur le nodule, celui-ci n’est généralement pas douloureux. Par contre, si vous ressentez une douleur, cela n’est pas non plus un motif d’inquiétude. Un adénofibrome, selon sa taille et son emplacement dans le sein, peut se faire sentir et être sensible. C’est particulièrement le cas pendant la période précédant les règles, lorsque les seins gonflent.

Si l’adénofibrome est de très grosse taille, la sensibilité et la sensation de tension dans le sein sont souvent plus importantes. Le nodule pourrait aussi modifier la forme du sein puisque la peau à cet endroit forme un renflement.

Comment le gynécologue reconnaît-il l’adénofibrome ?

Le gynécologue pose d’abord un diagnostic préliminaire. Pour ce faire, il effectue un examen attentif des seins et une palpation du sein et de l’aisselle.

S’il remarque des modifications lors de ces examens, une échographie et, éventuellement, une mammographie sont effectuées. Un échantillon de tissu, que l’on appelle aussi biopsie, est important pour que le médecin puisse établir avec certitude qu’il s’agit d’un nodule bénin.

L’adénofibrome est-il vraiment sans danger ?

Il est angoissant pour toutes les femmes de découvrir un nodule dans leur sein. Mais une fois que le médecin a confirmé qu’il s’agit d’un adénofibrome, l’alerte est levée : la probabilité qu’il se transforme quand même en tumeur maligne est extrêmement mince : seul un adénofibrome sur 1 000 suit cette voie. [1,2] .

Autrement dit : le risque de présenter un cancer du sein pour une femme ayant un adénofibrome est équivalent à celui d’une femme n’ayant pas d’adénofibrome. Seules les femmes ayant plusieurs adénofibromes ou un adénofibrome complexe courent un risque légèrement plus élevé [3,4].

Faut-il traiter un adénofibrome ?

Tous les adénofibromes ne doivent pas nécessairement être traités. Par contre, il est important de faire faire régulièrement un examen de contrôle auprès de votre gynécologue.

Les femmes de moins de 35 ans qui n’ont pas d’antécédents familiaux de cancer du sein dans leur famille et dont l’adénofibrome est de très petite taille peuvent simplement attendre et se soumettre régulièrement à un examen de contrôle.

Si l’adénofibrome se développe très vite, il devra être enlevé. Il existe aussi de nombreux autres facteurs en faveur d’un traitement (voir le traitement de l’adénofibrome). Par exemple, au cours de la grossesse, il est très souvent recommandé de faire enlever les nodules pour éviter les problèmes liés à une croissance souvent accélérée.

Le fardeau psychologique associé à une modification de la forme du sein ou aux problèmes quotidiens peuvent parfois justifier un traitement de l’adénofibrome (voir les témoignages de patientes traitées par échothérapie).

La décision de traiter ou non doit donc être prise par la patiente en discussion avec son gynécologue.

Références :

[1] Buzanowski-Konaky K, Harrison EG Jr, Payne WS: Lobular carcinoma arising in fibroadenoma of the breast. Cancer 1975;35(2):450-456.

[2] Dupont WT, Page DL, Parl FF, Vnencak-Jones CL et al.: Long-term risk of breast cancer in women with fibroadenoma. N Engl J Med 1994;331:10-15.

[3] Sklair-Levy M, Sella T, Alweiss T et al.: Incidence and management of complex fibroadenomas. AJR Am J Roentgenol. 2008;190(1):214-18.

[4] Worsham MJ, Raju U, Lu M et al.: Risk factors for breast cancer from benign breast disease in a diverse population. Breast Cancer Res Treat. 2009; 118(1):1-7.